Accord sur les droits de douane : comment s’en sort l’industrie française ?

Le compromis trouvé entre les États-Unis et l’Union européenne sur les tarifs des droits de douane épargne certains secteurs, mais en frappe durement d’autres. Qui sont les gagnants et les perdants en Europe ? Décryptage par Solve Recrutement.
Les nouveaux accords de droits de douane entre les États-Unis et l’Union européenne annoncés dimanche 27 juillet 2025 a reçu un accueil très mitigé de la part de l’Europe. En cause, l’application de droits de douane généraux de 15% sur les produits fabriqués en Europe arrivant sur le sol américain. Cette annonce a largement fait réagir les représentants d’industries. Du secteur de l’automobile aux produits de beauté. Tous les secteurs ne sont pas traités de la même façon.
L’impact des droits de douane sur l’économie française
Le premier secteur d’exportation français vers les États-Unis est l’industrie aéronautique avec 7.9 milliards d’euros en 2023. Grâce à de longue négociation, ce secteur a obtenu une expansion totale des nouveaux tarifs de douane.
Airbus, Safran et leurs sous-traitants échappent aux 15% et conservent l’accès privilégié au marché américain. Une victoire stratégique majeure pour ce secteur phare de l’économie française.
Si c’est un soulagement pour le secteur de l’aéronautique, c’est un coup dur pour d’autres. Certains secteurs sont encore dans le flou quant à l’évolution de cet accord des droits de douane.
L’aéronautique totalement exemptée des droits de douane
Comme l’a déclaré Ursula von der Leyen, plusieurs secteurs seront totalement exemptés de frais de douane entre les États-Unis et l’Europe. Une exonération saluée par le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales, qui y voit une décision « bonne pour une industrie équilibrée entre la France et les États-Unis ». Pour cette organisation professionnelle, l’absence de droits de douane permettra notamment de « conserver des emplois qualifiés en France à tous les niveaux de la chaîne de sous-traitance ».
Cet accord accompagne la forte croissance du secteur.
Passer par un cabinet spécialisé pour recruter dans l’aéronautique en 2025 est devenu indispensable.
Le secteur automobile moins touché par les droits de douanes que ce qui était attendu
Dans une certaine mesure, l’accord-cadre annoncé dimanche représente une bonne nouvelle pour l’industrie automobile européenne. La surtaxe de 15% est, en effet, moins lourde que le taux de 30% brandi en menace par Donald Trump. L’Acea, le lobby européen de l’automobile, a salué « une étape importante vers l’apaisement de la forte incertitude » qui fragilise le secteur.
La filière laitière française soulagée, mais pas épargnée
Très actifs sur le marché américain, la filière laitière exporte plus de 340 millions d’euros de produits chaque année, les industriels laitiers tricolores vont également perdre au change. « Les tarifs abusifs de 30% dont nous menaçait Donald Trump auraient acté un très fort ralentissement de l’exportation de produits laitiers », a rappelé François-Xavier Huard, PDG de la Fédération nationale de l’industrie laitière. « Nous avions intérêt à avoir un accord plutôt qu’une guerre commerciale, même si c’est un accord globalement en défaveur des Européens ».
Les produits cosmétiques durement frappés par les droits de douane
Après l’aéronautique, l’industrie des cosmétiques est celle qui exporte le plus outre-Atlantique, avec près de 13% de sa production envoyée sur le marché américain. Mais cette filière ne bénéficiera désormais d’aucun passe-droit, et se retrouve même parmi les plus affectées par le changement de règles.
Les États-Unis représentent un marché de 3 milliards d’euros annuels pour la filière. Puisque les coûts des droits de douane sont le plus souvent répercutés sur le prix de vente, les produits européens risquent d’être plus chers dans les rayons, et donc moins attractifs par rapport à la concurrence. Rien qu’en France, cela fait peser une menace sur 5 000 emplois
Le patrimoine français des vins et spiritueux très impacté par les droits de douane
Dans le compromis commercial signé dimanche entre Ursula von der Leyen et Donald Trump, de nombreux doutes subsistent pour la filière. Les spiritueux espèrent encore échapper aux droits de douane de 15 % imposés sur les exportations européennes dès le 1er août. Le sujet est d’importance. Les États-Unis ont, en effet, conforté, en 2024, leur position de première destination d’expédition des vins et spiritueux français, avec un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros, en progression de 5 % sur un an.
Les nouveaux accords de droits de douane entre les États-Unis et l’Union européenne dessinent un paysage contrasté pour les secteurs économiques européens. Ces accords soulignent l’importance stratégique de la négociation et de l’adaptation dans un contexte économique mondial en constante évolution. Pour les entreprises affectées, il devient crucial de repenser leurs stratégies d’exportation et de renforcer leur compétitivité sur le marché américain. Dans ce contexte, faire appel à notre cabinet spécialisé pour recruter les talents adaptés à ces nouveaux défis peut s’avérer être un atout majeur pour maintenir et développer leur présence à l’international.
